• Mar, jeu, 2022

Rapport de la Cour des comptes sur le droit au logement opposable, une vigilance nécessaire

La Cour des comptes a rendu en ce début d’année 2022 un rapport public autour de la question du droit au logement opposable (DALO). Instauré par la loi du 5 mars 2007, le DALO constitue pour les requérants un recours ultime face à des difficultés graves de logement. Il vise à confier à l’État l’obligation de loger ou de reloger les ménages qui y sont reconnus éligibles, de façon prioritaire, urgente et avec une offre « adaptée ». 

Si l’État est seul débiteur de ce droit, les collectivités territoriales, les bailleurs sociaux et Action Logement ont l’obligation de contribuer à l’effort de relogement à hauteur de 25% des attributions annuelles. Lorsque l’État est défaillant, sa responsabilité peut être engagée, y compris sur le plan indemnitaire. La Cour souligne la difficulté à mobiliser l’ensemble des acteurs pour permettre d’atteindre une mobilisation à hauteur des 25% d’attributions annuelles exigées

Malheureusement, la Cour comme les acteurs locaux déplorent que le DALO n’est toujours pas un droit effectif et devient trop souvent source d’une forte désillusion. 

La Cour pointe une activité contentieuse lourde, notamment en zones tendues, alors même qu’aucun moyen ne permet d’agir sur l’offre de logements. Le manque de logements et de constructions a été rappelé par les acteurs locaux et le milieu associatif comme le principal levier d’actions sur le territoire.

Parmi les treize recommandations formulées par la Cour, certaines permettront d’améliorer les pratiques, toutefois nous resterons vigilants sur les éléments faisant peser sur les ménages une trop grande responsabilité. Rappelons en effet que le droit au logement est un droit fondamental. Il est reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme, le préambule de la Constitution et de nombreuses lois, il ne doit donc pas rester un simple principe mais faire l’objet d’une mise en œuvre concrète et la loi DALO est un moyen de tendre vers cet objectif.

Dès lors, la recommandation selon laquelle les requérants déjà logés dans le parc social dont le critère d’éligibilité au Dalo fondé sur le délai anormalement long d’obtention d’un logement social devrait être supprimé aux fins d’éviter les détournements de procédure nous semble bien trop discriminant. En effet, un ménage occupant un logement social se verrait alors exclu de toute procédure visant la reconnaissance de l’urgence de sa situation, imposant alors parfois des conditions de vie indignes.

La Cour note que dans les zones tendues, de fortes difficultés à reloger un ménage ainsi que le risque de détournement de la procédure par ces derniers, justifie de les en exclure faisant alors fi de toutes les particularités existantes.

Pour autant, nous applaudissons la volonté de la Cour à apporter des moyens humains comme financiers aux acteurs publics, de permettre aux préfets de sanctionner les bailleurs refusant sans motif valable d’attribuer un logement aux ménages DALO. Par ailleurs, la Cour recommande d’adapter les systèmes d’information auprès des acteurs publics et de permettre un meilleur accompagnement des familles tout au long de la procédure.

Nous défendons l’idée que l’apport de moyens au soutien de la loi DALO couplé à une volonté politique de constructions, permettraient une réduction des astreintes et diminueraient alors le poids qui pèse sur les finances publiques.


Source :

Cour des comptes, 26/01/2022, « le droit au logement opposable, une priorité à restaurer »

Rapport téléchargeable en PDF sur le site de la Cour des comptes


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  • Mar, jeu, 2022

« La fortune des milliardaires a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu’en une décennie »

Voilà le triste constat dressé par le dernier rapport Oxfam. En effet, les milliardaires sont plus riches en dix-neuf mois de pandémie qu’au cours des dix dernières années. Il s’agit de la plus forte augmentation recensée venant creuser encore plus fort les inégalités mondiales. 


Chiffres clés :

• « Depuis la pandémie, le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures, alors que 160 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté ».

• « En France, de mars 2020 à octobre 2021, la fortune des milliardaires français a augmenté de 86%, soit 236 milliards d’euros ».

• « Avec les 236 milliards d’euros supplémentaires engrangés en 19 mois par les milliardaires français, on pourrait quadrupler le budget de l’hôpital public ou distribuer un chèque de 3500 euros à chaque Français-e-s ».

• « Les 5 premières fortunes de France ont doublé leur richesse depuis le début de la pandémie. Elles possèdent à elles seules autant que les 40% les plus pauvres en France ».

• « 7 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire pour vivre, soit 10% de la population française et 4 millions de personnes supplémentaires sont en situation de vulnérabilité à cause de la crise ».

Selon Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France  « pour les milliardaires, la pandémie a été une aubaine. S’ils se sont enrichis, ce n’est pas grâce à la main invisible du marché, ni par les choix stratégiques brillants mais principalement en raison de l’argent public versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales dont ils ont pu profiter grâce à une montée en flèche des cours des actions. Cette concentration extrême des richesses est le résultat de choix politiques ».

Oxfam France appelle à une prise de mesure radicale consistant à mettre à contribution ceux qui ont profité de l’argent public et remettre ces questions au cœur des discours politiques.

 

 Source :

– « La fortune des milliardaires a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu’en une décennie », 17/01/2022,Davos 2022 : nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales

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  • Mar, jeu, 2022

Calais : distribution de nourriture sanctionnée… fin de la fraternité ?

Le principe de fraternité continue d’être mis à mal sur la côte d’Opale, en interdisant à nouveau les distributions gratuites de nourriture. Depuis septembre 2020, la distribution gratuite de nourriture et d’eau aux personnes exilées est interdite dans plus de trente rues de la ville par un arrêté préfectoral reconduit chaque mois. « Pour les associations, il s’agit de « bannir » la misère de la ville ».

 

Il n’est donc pas rare de voir des fourgons de CRS s’approcher des associations pour les dissuader de continuer les distributions, le cas échéant les sanctionner. Ainsi par exemple, deux bénévoles de Calais Food Collective ont reçu une amende de 135€ chacune pour avoir distribué gratuitement de la nourriture à des personnes dans le besoin.

Nous pouvons questionner la proportionnalité des mesures prises, l’atteinte à nos valeurs fondamentales ou encore, quid de la non-assistance à personne en danger ?

A la base, l’arrêté préfectoral trouvait sa justification dans des raisons liées à la crise sanitaire. Aujourd’hui, les restrictions sanitaires sont plus souples et l’interdiction devient un outil de prévention de « troubles à l’ordre public ». 

Comment ne pas penser qu’il s’agit d’une mesure pour dissuader les associations d’agir ? Noké s’est rendue compte de l’impact de cet arrêté sur la vie des personnes exilées quand elle a rejoint le Calais Food Collective  « c’est la continuité d’une politique de harcèlement qui vise à dégrader les conditions de vie des personnes pour les dissuader de rester à Calais et sur le littoral, analyse la jeune femme. Et ça nous touche également, nous associatifs, qui sommes verbalisés souvent et contrôlés en permanence par les forces de l’ordre ». Dans les jours qui ont précédé la publication de l’arrêté préfectoral interdisant les distributions alimentaires dans la rue où elle s’est garée, une butte d’un mètre de haut a été posée, suivie d’une tranchée creusée sur une cinquantaine de mètres, créant un climat de tension très questionnable. 

Ces arrêtés ne sont pas les premiers mis en place à Calais pour empêcher les distributions. Dès mars 2017, la mairie dirigée par Natacha Bouchart (Les Républicains) prend un arrêté municipal interdisant les distributions dans la Zone des Dunes. Il sera finalement invalidé quelques mois plus tard par le Tribunal administratif de Lille. A nouveau les arrêtés citent l’ordre public et se surfent sur un vocabulaire xénophobe explique Clémentine « à la fin du troisième considérant du dernier arrêté, le dix-neuvième, il est écrit qu’il faut ‘préserver le plus possible le centre-ville de Calais des troubles de cette nature. Tout est fait pour chasser les personnes de la ville. Et la justification sanitaire de ces arrêtés qui était la première ne tient même plus ». 

Ces mesures empêchent également le travail autour des distributions que font chaque jour les bénévoles, ouvrant une porte à l’accès au droit et à l’accompagnement social. 

Malgré la volonté des associations, celles-ci sont confrontée à un important dispositif policier et doivent écourter leur distribution après avoir été verbalisées. Contactée à plusieurs reprises par courriel puis au téléphone, la Préfecture ne souhaite pas communiquer sur le sujet.

Source :
– Ash.tm.fr, Louis Witter, « Calais : distributions de vivres sanctionnées », 02/02/2022
 
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Logement social : Renforcement du financement public !

Communiqué
de presse

La crise du logement en Europe exige que l’Union Européenne et les ministres européens du Logement s’engagent clairement à renforcer le financement public du logement.

Le 8 mars 2022 se tiendra une réunion des ministres du Logement. Nous saluons cette initiative qui marque le retour des réunions régulières des responsables du logement et de la construction des États membres, et des réunions informelles des ministres du Logement.

Alors que le Socle des Droits sociaux stipule que « L’accès au logement social doit être assuré à tous ceux qui en ont besoin », et que le Parlement européen promeut l’accès au logement décent et abordable pour tous, dans les faits, pour une part de plus en plus nombreuse des citoyens, y compris pour les revenus moyens, l’accès au logement décent, adéquat et abordable est devenu plus difficile que jamais.
Tout pourrait changer si l’Union européenne et les gouvernements nationaux s’engageaient à renforcer leur action en faveur du logement public, abordable, social, coopératif. C’est le point clé du Plan d’action pour le logement abordable de l’agenda urbain de l’Union européenne.

Avant le COVID déjà, le déficit d’investissement se chiffrait au minimum à 57 milliards d’euros annuels.
La stratégie gagnante exige une coopération véritable entre tous les niveaux de gouvernance, national, régional et local, avec les villes, les locataires et les propriétaires.
Dans le cadre de l’Initiative Logement pour 2030, l’Unece, en collaboration avec Housing Europe et Nations-Unies Habitat, ont identifié d’autres facteurs de réussite pour rendre plus efficientes les politiques en faveur du logement abordable.

Investir à long terme dans le logement social, coopératif et public.

1- Investir massivement au niveau national dans le logement social, coopérative et public à long terme, conjointement à des mesures règlementaires nationales de dissuasion de la financiarisation du logement (telles que la mise en place de mécanismes de stabilisation des loyers et de loyers abordables). C’est possible au niveau européen en évaluant les incidences de la politique européenne (y compris le Pacte de Croissance et de Stabilité, le Semestre européen, les règles des aides d’État, la taxonomie écologique et sociale, le Registre européen de transparence des transactions immobilières, la Règlementation des services digitaux).

Cela permettra de prendre en compte la réalité alarmante du logement à laquelle est confrontée de larges pans de la population à revenus moyens, tout en respectant le pouvoir discrétionnaire des États membres sur le logement.
Revoir les règles des aides d’État

2- Renforcer l’information parmi les États membres, la Commission européenne, la Banque européenne d’investissement, le Conseil de l’Europe et les intermédiaires au niveau national, pour faciliter le financement dédié au logement abordable, social, public et coopératif.
Cela peut être appuyé par un pilotage axé sur les points centraux du logement, avec des réunions informelles des ministres concernés et des échanges réguliers.
3- Les États membres doivent renforcer le financement du logement et des services associés (tels que les fonds de solidarité pour les locataires et/ou les mesures de soutien financier ciblées, comme les allocations climat pour les habitants), pour des stratégies « Logement d’abord », afin de lutter contre le sans-abrisme et le fardeau du prix du logement en Europe.
Une transition énergétique juste pour une citoyenneté écologique véritable et universelle.

4- Le Conseil de L’Europe et le Parlement européen doivent adopter un train de mesures « Paré pour 55 » (Directive pour l’efficacité énergétique et Directive pour la performance énergétique des bâtiments) qui prenne en compte les réalités et les ressources locales et qui conduisent à une transition énergétique juste et inclusive.
L’équilibre entre la rénovation du parc immobilier et le logement abordable est essentiel.
L’Union européenne et les États membres doivent mobiliser le financement public pour garantir que le coût global du logement après rénovation reste abordable pour les locataires, en accord avec le plan d’action de l’Union européenne et de l’Agenda européen pour le logement abordable.

5- La Commission européenne doit promouvoir une approche locale de la rénovation du logement abordable, social, public et coopératif, en codécision avec les habitants et en accord avec l’Initiative pour le logement abordable.

Le financement des centres de compétences et de capacités à la rénovation des bâtiments doit être renforcé en Europe.

6- La Commission européenne doit promouvoir des méthodes innovantes de rénovation ou de construction dans le cadre européen existant, prenant en compte les principes de l’économie circulaire, et investir dans les capacités des parties prenantes.

7- Les revenus générés par le Système d’échanges des quotas d’émission doivent être investis dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation : venir en soutien du secteur du logement afin que les plus fragiles économiquement ne portent pas tout le poids financier de la rénovation.
Promouvoir un vivre-ensemble inclusif et attrayant de nouvelle génération
8- Le nouveau Bauhaus européen (nouveau projet culturel européen visant à concevoir de futurs modes de vie plus esthétiques durables et inclusifs) doit intégrer la crise du logement abordable comme nouvel axe de travail et co-élaborer avec les habitants un nouveau vivre-ensemble promouvant l’intérêt commun.

9- Les États membres et la Commission européenne doivent favoriser le recensement et l’amélioration de services promouvant activement l’inclusion, prévenir l’exclusion, le poids excessif du logement et le sans-abrisme (y compris dans le cadre de la plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme), et promouvoir l’inclusion des populations vulnérables.

10- Les États membres et la Commission européenne, conformément au principe du subsidiarité, doivent soutenir localement les parties prenantes et les décideurs, afin d’accélérer la transition vers une société décarbonée, et garantir les services à même d’assurer un coût de la vie abordable et une qualité de vie élevée.


Aujourd’hui, nous demandons un engagement pour mettre fin au niveau inacceptable des coûts du logement, de l’exclusion, du sans-abrisme, et rendre le logement décent et abordable pour tous.


Contact presse

Fabien Podsiadlo-Régnier,
Président Fédéral
contact@cnl59.fr – 03 20 07 09 58
Retrouvez toute l’actualité de la CNL sur notre site Internet : cnl59.fr

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