• Sep, ven, 2022

Don du sang : condamnation de la France pour recueil et conservation de données personnelles

Jurisprudence : CEDH 8 sept. 2022, n° 3153/16 et 27758, D. c/ France, Patricia GRANET Responsable de la Rédaction Civil


Par un arrêt du 8 septembre 2022, la Cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour violation des articles 8 et 14 de la Convention EDH en raison de la collecte et de la conservation de données personnelles relatives à la supposée orientation sexuelle du candidat au don de sang.

Le requérant souhaitant donner son sang avait, en 2004, refusé de répondre à certaines questions concernant sa sexualité. Les données personnelles associées à ce refus sont alors saisies, dans le cadre d’un fichier informatique, sous la mention d’une contre-indication au don de sang correspondant à celle prévue à l’époque pour les hommes ayant eu un rapport sexuel avec un autre homme. Depuis il continue d’essuyer des refus.

Il dépose alors en 2007 une plainte avec constitution de partie civile pour discrimination et référencement par l’EFS – Établissement français du sang – de pratiques sexuelles supposées.

Cette plainte aboutit à un refus d’informer, puis, après appel, à une ordonnance de non-lieu. La Cour de cassation estime à l’époque que les faits n’étaient pas susceptibles de l’incrimination prévue par l’article 226-19 du Code pénal(Cass. crim., 8 juill. 2015, n° 13-86.267).

Par sa décision, la Cour européenne précise les éléments devant régir la protection des données personnelles dans une telle hypothèse.

Sur les modalités de recueil des données, elle relève qu’en l’espèce, le refus du requérant de répondre à toute question concernant sa sexualité avait donné lieu à l’enregistrement dans un fichier de la contre-indication au don propre aux hommes ayant eu un rapport sexuel avec un homme. La cour en déduit que « les données collectées, fondées sur une simple spéculation, ne reposaient sur aucune base factuelle avérée ». Or le seul refus, sans autre motif, était suffisant pour justifier le refus de la candidature au don de sang.

Elle constate l’absence de consentement explicite du requérant quant à la collecte et quant à la conservation des données.

Elle relève la durée excessivement longue de leur conservation : recueillies en 2004, ces données avaient en effet vocation à être conservées jusqu’en 2278… le gouvernement étant dans l’impossibilité de justifier de la nécessité d’une telle durée. Et c’est précisément cette durée qui a rendu possible leur utilisation répétée à l’égard du requérant, entraînant de fait son exclusion automatique et répétée du don de sang.

La cour condamne en conséquence la France à verser au requérant une somme de 3 000 € pour préjudice moral et 9 000 € pour frais et dépens.


UROC

6 bis rue de Dormagen

59350 SAINT ANDRE

uroc-hautsdefrance.f

  • Sep, mar, 2022

Rassemblement Journée Internationale de la Paix Mercredi 21 septembre Valenciennes

Message du Secrétaire général de l’ONU pour la Journée Internationale de la paix 2022

La paix est une aspiration noble et essentielle, et constitue le seul chemin vers un monde meilleur et plus juste pour toutes et tous.

Pourtant, en de trop nombreux lieux, dans beaucoup trop de situations, nous ne sommes pas à la hauteur de cette quête de paix.

Cette année, le thème de la Journée internationale de la paix – « Mettre fin au racisme, Bâtir la paix » – nous rappelle que, de très diverses manières, le racisme empoisonne les cœurs et les esprits et fragilise la paix à laquelle nous aspirons toutes et tous.

Le racisme arrache aux personnes leurs droits et leur dignité. Il exacerbe les inégalités et la méfiance. Et il éloigne les gens les uns des autres à un moment où nous devons être unis, comme une seule famille humaine, afin de réparer notre monde fracturé.

Au lieu de lutter les uns contre les autres, nous devrions agir pour défaire nos véritables ennemis : le racisme, la pauvreté, les inégalités, les conflits, la crise climatique et la pandémie de COVID-19.

Nous devrions démanteler les structures qui alimentent le racisme et promouvoir les mouvements de défense des droits humains partout dans le monde.

Et nous devrions étouffer les dangereux discours de haine en réclamant, à l’unisson et sans fléchir, la vérité, l’entente et le respect mutuel.

En cette journée importante – l’occasion d’observer 24 heures de cessez-le-feu et de non-violence – nous demandons une nouvelle fois à toutes et tous de ne pas se contenter de faire taire les armes.

Nous invitons chaque personne à renouveler les liens de solidarité qui nous unissent en tant qu’êtres humains et à retrousser les manches et construire un avenir meilleur et plus pacifique.

António Guterres


  • Août, jeu, 2022

Quartier prioritaire de la politique de la ville: des aides à l’emploi insuffisantes

La Cour des comptes dénonce cette situation.

1514 QPV soit 8% de la population au 01/01/2018.


1- Constats:

> 40% des habitants ont moins de 25 ans.

> L’adresse est toujours stigmatisante.

> Mesures actuelles prévues par :

 – le droit commun

 – une politique spécifique; ex.: » l’emploi franc » (aide à l’embauche).

Mais il existe une mauvaise adaptation des dispositifs aux spécificités des QPV.

 

2- Le financement:

Pôle emploi dispose pour les QPV de :

 – 703 millions pour le fonctionnement

 -252 millions pour les interventions

 

3- Les propositions d’amélioration:

> Ecouter les habitants.

> Harmoniser les conditions d’éligibilité aux dispositifs.

> Décloisonner les modes d’intervention.

> Développer  » l’aller vers » de la part des entreprise avec l’appui des associations 

> Faciliter l’accès des jeunes à l’apprentissage.


  • Août, jeu, 2022

Des résidents âgés sans ascenseur depuis fin avril 

Depuis dix semaines, les voilà sans ascenseur. À la résidence Lamartine de Dunkerque, les locataires en ont ras-le-bol. Six étages en tout, 16 marches par étage, soit 96 au total. Parmi les 20 appartements, 17 sont habités par des personnes de plus de 70 ans, soit 85 % des locataires.

Une première date de réparation leur avait été donnée : le 30 juin.

Mais au jour dit, personne pour réparer l’ascenseur. « Le bailleur (Flandre Opale Habitat, NDLR) nous répond que ce n’est pas eux qui doivent gérer mais Immo de France », indique Marie-Madeleine Waselynck, locataire de Lamartine, 71 ans. 

L’appartement où les travaux étaient faits est géré par un syndicat de copropriété, Immo de France. Selon les résidents, le bailleur et le syndicat se renvoient sans cesse la balle pour savoir qui va réparer l’ascenseur Pour Flandre Opale Habitat, il s’agit d’un problème de livraison des pièces nécessaires.

Pour Marie-Madeleine, qui habite au 5 e étage, elle doit monter 80 marches afin d’atteindre son appartement. « J’ai un chien que je promène quatre fois par jour. Ça veut dire qu’au total je monte 320 marches par jour ! » Un exercice éprouvant pour cette dame qui a des problèmes de santé au cœur et aux genoux. Sa voisine, Micheline Ajuto, doit demander de l’aide à sa fille, Delphine, et à son beau-fils pour les courses.  

Pour pallier ce problème, Flandre Opale Habitat a mis en place un service de portage. 

Pour éviter les efforts, certains sortent moins. Raymond Pauwels, 92 ans, passe ses journées dans son appartement, auprès de son épouse, 88 ans, atteinte d’Alzheimer.

Depuis 10 semaines, sa femme n’est sortie qu’une seule fois, pour aller à l’hôpital.  Certains, à bout, évoquent même l’idée de ne plus payer leur loyer. 

Une problématique malheureusement trop récurrente chez certains bailleurs sociaux, notamment lorsque la gestion est partagée avec une copropriété… 

La CNL soutient donc l’action des habitants et exige la remise en état de l’ascenseur avec prise en charge du préjudice !


Source:

– Vu d’ici, 09/07/2022, « des résidents âgés sans ascenseur depuis fin avril »