L'Association des habitants et des consommateurs

  • Mar, jeu, 2022

Calais : distribution de nourriture sanctionnée… fin de la fraternité ?

Le principe de fraternité continue d’être mis à mal sur la côte d’Opale, en interdisant à nouveau les distributions gratuites de nourriture. Depuis septembre 2020, la distribution gratuite de nourriture et d’eau aux personnes exilées est interdite dans plus de trente rues de la ville par un arrêté préfectoral reconduit chaque mois. « Pour les associations, il s’agit de « bannir » la misère de la ville ».

 

Il n’est donc pas rare de voir des fourgons de CRS s’approcher des associations pour les dissuader de continuer les distributions, le cas échéant les sanctionner. Ainsi par exemple, deux bénévoles de Calais Food Collective ont reçu une amende de 135€ chacune pour avoir distribué gratuitement de la nourriture à des personnes dans le besoin.

Nous pouvons questionner la proportionnalité des mesures prises, l’atteinte à nos valeurs fondamentales ou encore, quid de la non-assistance à personne en danger ?

A la base, l’arrêté préfectoral trouvait sa justification dans des raisons liées à la crise sanitaire. Aujourd’hui, les restrictions sanitaires sont plus souples et l’interdiction devient un outil de prévention de « troubles à l’ordre public ». 

Comment ne pas penser qu’il s’agit d’une mesure pour dissuader les associations d’agir ? Noké s’est rendue compte de l’impact de cet arrêté sur la vie des personnes exilées quand elle a rejoint le Calais Food Collective  « c’est la continuité d’une politique de harcèlement qui vise à dégrader les conditions de vie des personnes pour les dissuader de rester à Calais et sur le littoral, analyse la jeune femme. Et ça nous touche également, nous associatifs, qui sommes verbalisés souvent et contrôlés en permanence par les forces de l’ordre ». Dans les jours qui ont précédé la publication de l’arrêté préfectoral interdisant les distributions alimentaires dans la rue où elle s’est garée, une butte d’un mètre de haut a été posée, suivie d’une tranchée creusée sur une cinquantaine de mètres, créant un climat de tension très questionnable. 

Ces arrêtés ne sont pas les premiers mis en place à Calais pour empêcher les distributions. Dès mars 2017, la mairie dirigée par Natacha Bouchart (Les Républicains) prend un arrêté municipal interdisant les distributions dans la Zone des Dunes. Il sera finalement invalidé quelques mois plus tard par le Tribunal administratif de Lille. A nouveau les arrêtés citent l’ordre public et se surfent sur un vocabulaire xénophobe explique Clémentine « à la fin du troisième considérant du dernier arrêté, le dix-neuvième, il est écrit qu’il faut ‘préserver le plus possible le centre-ville de Calais des troubles de cette nature. Tout est fait pour chasser les personnes de la ville. Et la justification sanitaire de ces arrêtés qui était la première ne tient même plus ». 

Ces mesures empêchent également le travail autour des distributions que font chaque jour les bénévoles, ouvrant une porte à l’accès au droit et à l’accompagnement social. 

Malgré la volonté des associations, celles-ci sont confrontée à un important dispositif policier et doivent écourter leur distribution après avoir été verbalisées. Contactée à plusieurs reprises par courriel puis au téléphone, la Préfecture ne souhaite pas communiquer sur le sujet.

Source :
– Ash.tm.fr, Louis Witter, « Calais : distributions de vivres sanctionnées », 02/02/2022
 

Oublier le droit au logement ?

Oublier le droit au logement, c’est mettre la démocratie en péril.
Tribune publiée par le journal Libération le 3 mars 2022

 

Promulguée le 5 mars 2007, il y a tout juste quinze ans, la loi DALO a fait passer le droit au logement d’un niveau théorique à un niveau opérationnel : le citoyen non logé ou mal logé peut saisir une « commission de médiation » chargée de désigner au préfet les demandeurs à loger en urgence. Il peut aussi saisir le juge, soit pour contester un refus de la commission, soit pour obtenir la mise en œuvre de sa décision favorable. L’État peut être condamné, sous astreinte, à reloger ou, le cas échéant, à accueillir en hébergement.

Cette loi est-elle pleinement respectée ? Clairement non : elle se heurte à des défaillances dans l’information, dans les décisions des commissions de médiation et, surtout, dans les relogements : en Ile de France, au rythme actuel, il faut plus de cinq ans à un prioritaire DALO pour être relogé au lieu des six mois fixés par la loi. Ces défaillances sont en grande partie liées à la crise du logement qui touche certains territoires.

Cette crise ne tombe pas du ciel, elle est le fruit des décisions et des renoncements de la puissance publique. La loi DALO ayant fixé une obligation de résultat, l’État se doit de mettre en place les politiques qui permettent son application. De ce point de vue, la mandature qui s’achève aura été la plus néfaste depuis 2007. Baisse des APL, ponction dans les ressources des Hlm (1,3 milliard par an !), timidité face aux communes ne respectant pas leurs obligations, tout cela ne pouvait que conduire à la chute de la production de logements sociaux. Il en résulte que certains préfets sont placés devant une mission impossible.

Pourtant, même maltraitée, la loi est utile. Là où les marchés sont moins tendus, les préfets relogent tous les prioritaires. Partout, la loi fait pression. Les services de l’État ont réinvesti leur rôle dans l’attribution des logements sociaux et, malgré tout, ils relogent davantage qu’avant. Et puis, le DALO est porteur de dignité : face au discours de culpabilisation des pauvres et des exclus, régulièrement accusés de ne pas se donner la peine de s’en sortir, il vient dire que les personnes mal logées ne sont pas les coupables, mais les victimes d’une faute commise à leur égard. C’est pour cela que la loi dérange.

Certains préfèrent ne pas en parler : faisons comme si le logement n’était pas un droit, comme si l’État n’était pas fautif. Mais d’autres parlent du DALO… pour dire qu’ils le supprimeront. Car ils ont une bien meilleure solution : reloger prioritairement les français ! Ceux là se posent en défenseurs d’une soi-disant « identité française » qu’ils placent au-dessus de la République. Ils disent vouloir nous ramener aux « racines » de la France. Mais la France n’est plus une monarchie « de droit divin ». La France que s’est choisie le peuple par ses combats, notre France, la France que nous aimons est une République laïque, et, ne leur en déplaise, les droits de l’homme font partie de ses racines. Le droit au logement est l’un de ces droits fondamentaux, au même titre que le droit à l’éducation, le droit aux soins ou le droit de vote.

Il faut dire la vérité sur la loi DALO. Non, elle n’a pas créé un droit nouveau, elle a juste établi la garantie de l’État pour que, enfin, une autorité soit en charge de faire appliquer un droit reconnu depuis longtemps. Oui, la loi définit comme prioritaires ceux qui sont dépourvus de logement et ceux qui sont logés dans les situations les plus dramatiques. En cela, elle applique le principe de l’Abbé Pierre : « Servir premier le plus souffrant ». Non, la loi DALO ne permet pas aux étrangers en situation irrégulière d’obtenir un logement social. Oui, par contre, elle leur permet d’accéder à un hébergement d’urgence car l’État ne saurait mettre des conditions pour accomplir un devoir humanitaire. La vérité, enfin, est que les étrangers représentent 45% des demandeurs DALO, parce qu’ils sont les premières victimes du mal logement.




Un modèle belge ? Infraction en cas de logement vacant

Laisser un logement vacant va devenir une infraction en Belgique dès le 1er septembre par une prise de mesure en Wallonie (région francophone) visant la lutte contre les logements vides et permettant ainsi d’assurer aux ménage une capacité à se loger.

 

Tout logement avec une consommation d’eau inférieure à quinze mètres cube par an ou en électricité, inférieure à cent kilowattheure par an sera considéré comme inoccupé.

 

Ces mesures sont des réponses à un constat flagrant et bientôt mondial :

> Il existe un trop grand nombre de ménages sans logement, ou mal logés, tandis que de nombreux logements sont inoccupés mais la propriété d’une seule personne.

Les communes pourront alors engager un dialogue avec le propriétaire et mettre en place une réquisition douce ou encore une taxe. Une action en Justice sera également possible et des amendes (entre 500 et 12 500€ par logement inoccupé) sont prévues pour les longues périodes sans occupation.

 

Cela sera mis en œuvre par les autorités administratives ou encore par les associations agrées par le Gouvernement visant ainsi un déploiement le plus large possible.

La Belgique, véritable précurseur en la matière doit inspirer nos modèles et viser une uniformisation de ces mesures afin de lutter contre la crise du logement en cours et dont les retombées sont loin de faire l’objet d’une anticipation.

 
Source : Le figaro Immobilier, 25/01/2022

l’incendie de la tour Mermoz à Roubaix en En mai 2012 !

Roubaix : la responsabilité de LMH reconnue en appel dans l’incendie de la tour Mermoz 

 

En mai 2012, la tour Mermoz est confrontée à un incendie violent.
Cet incendie dramatique survenu à Roubaix, n’a pas fini de hanter les couloirs des tribunaux encore en 2022.

Après une longue attente, la Cour administrative d’appel vient d’opérer un retournement et reconnait le bailleur social, LMH, responsable.

Le juge s’est attaché à reprendre le dossier complétement, et ce jusqu’à analyser les différentes réhabilitations.

Cette reconnaissance soulage les familles et les habitants encore sous le choc de ce drame. Il s’agira donc de suivre les prochains événements judiciaires pour connaître les suites données à ce malheureux incendie…

 

Source : La voix du Nord, 04/01/2022

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