• Mai, ven, 2022

Alerte HLM : lutter contre la stigmatisation et l’expulsion

A l’occasion du congrès HLM, Jean Castex était attendu à Bordeaux. Le Premier ministre aurait pu être interrogé sur une problématique reprise dans les médias comme sujet d’actualité : faut-il expulser systématiquement les familles de délinquants récidivistes des HLM ?

Voici une thématique risquée, entre discrimination, stigmatisation et sécurité.

Il s’agit d’une mesure de plus en plus réclamée par les bailleurs sociaux. Mais l’utilisation de cette sanction doit se faire de manière raisonnée et au regard des principes juridiques.

80% des sympathisants de droite souhaitent l’expulsion des familles de délinquants de leur logement social, contre 39% des sympathisants de gauche, 66% des centristes et le  regroupement national compte 88% d’opinions favorables. Europe Ecologie-les-Verts est au contraire le plus opposé (31%). 

A Nice, pour cela il existe une convention passée avec la ville, le procureur et le préfet. Cette convention établit qu’en cas de condamnation pénale, le procureur est tenu d’en informer le bailleur social qui enclenchera la procédure pouvant mener à l’expulsion.

 Il faut prendre garde à ne pas permettre aux bailleurs de se substituer aux forces de l’ordre et à la Justice en leur donnant pouvoir de sanctionner les personnes en amont de toute condamnation pénale.

La Justice est, elle aussi prompt à sanctionner d’expulsion des familles entières. En 2018, elle a ainsi confirmé un virage en prononçant l’expulsion d’une mère et de ses enfants. La cour d’Appel d’Amiens a ainsi estimé que cette activité constituait un « trouble de jouissance » pour le voisinage.

 Dans l’ensemble, les expulsions des familles restent peu nombreuses à aboutir. La jurisprudence n’est donc pas certaine, il s’agit le plus souvent d’un cas par cas. 

Autant de dispositifs qui ont, selon les bailleurs sociaux, pour objectif de réparer une injustice : « Où y a-t-il le plus de délinquants ? Dans les HLM. Où y a-t-il le plus de victimes de ces délinquants ? Dans les HLM », expliquait ainsi Frédéric Lauze, le chef de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Val d’Oise, au moment du lancement de la convention.

 Il est à déplorer un manque de regard critique sur les causes menant à cette délinquance. De tels propos n’ont que pour objectif de stigmatiser la population, sans répondre aux critères de fond : lutte contre les inégalités et la pauvreté, lutte contre le parcage social…

Yann Bisiou, maître de conférences en droit à l’université Paul-Valéry de Montpellier alerte en ces termes « il est inutile et dangereux d’ajouter à la loi une résiliation automatique du bail comme l’envisage le projet de loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (loi ELAN. Au juge d’apprécier la situation ».

 

Sources : 20 minutes, 13/04/2021

Banque des territoires, 08/09/2021

Cnews, 28/09/2021

 
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  • Mai, ven, 2022

Habitat indigne : trois codes à appliquer

Les infractions pénales relatives à des situations d’habitat indigne relèvent du code pénal, du code de la construction ou du code de la santé publique.  

La seule infraction du code pénal visant à réprimer directement les situations d’habitat indigne est la “soumission d’une personne, dont la vulnérabilité ou l’état de dépendance sont connus de l’auteur des faits, à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine” (CP : art. 225-14). 

D’autres infractions de ce code peuvent être rattachées à la question ainsi, par exemple, l’infraction pour mise en danger d’autrui (CP : art. 223-1). 

En parallèle, l’ordonnance du 15 décembre 2005, a redéfini les incriminations et sanctions pénales applicables aux propriétaires ou exploitants d’hôtels indélicats. Certains des différents comportements incriminés relèvent du code de la construction et du non-respect de la protection des occupants (CCH : L.521-4), d’autres concernent la non-exécution des prescriptions des arrêtés de péril (CCH : L.511-6), d’insalubrité (CSP : L.1337-4), ou relatif à la sécurité d’un établissement recevant du public (CCH : L.123-3 et 123-4).

Cette note a pour objectifs d’analyser et de faire connaître, les décisions de jurisprudence rendues en matière pénale et comportant un intérêt particulier dans le domaine de la lutte contre l’habitat indigne.

Source : Anil, 12/12/2019

 
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  • Mai, mar, 2022

Service communal d’hygiène : que faire si une demande n’est pas traitée ?

Le Service Communal d’Hygiène et de la Santé (SCHS) intervient dans le cadre de la santé publique et de la lutte contre les nuisances. Il applique la réglementation relative à la protection de la population en matière d’hygiène et de santé. Il peut être contacté à tout moment.

Dans quel cas contacter le service communal d’hygiène ?

Les citoyens peuvent être confrontés à des problèmes d’hygiène au sein de leur logement ou d’un domaine public, ou être témoins d’une gêne dans leur environnement. 

Bon à savoir : les locataires victimes de pratiques abusives et vivant dans un logement indécent peuvent dénoncer le propriétaire via une plateforme d’accompagnement accessible en appelant le 0806 706 806. Une assistance sera proposée aux victimes pouvant aller jusqu’à l’envoi des services de la mairie ou de la police du logement.

 Comment contacter le service communal d’hygiène ?

Le service communal d’hygiène peut être contacté par différents moyens :

• Par téléphone. Un numéro est attribué à chaque service dans les différentes communes de France. Le service concerné proposera des solutions pour remédier aux nuisances diverses.

• Par courrier électronique. La plupart des communes possèdent une adresse Internet permettant aux citoyens de déposer un courriel (e-mail).

• Par voie postale. Il suffit d’adresser un courrier à l’inspecteur de salubrité de la commune concernée pour signaler tout problème d’hygiène.

• Par entretien direct. Présentez-vous au service d’hygiène de votre commune. Des permanences sont assurées par les inspecteurs de la salubrité à certains moments de la journée.

Bon à savoir : les inspecteurs de la salubrité établissent des rapports et des procès-verbaux de constatation pour apporter des solutions et remédier aux problèmes détectés. En cas de refus de transmission, une demande écrite peut être rédigée à l’attention du même service (recours grâcieux) ou à sa hiérarchie (recours hiérarchique). Le cas échéant, la commission d’accès aux documents administratives peut être saisie.

Si vous rencontrez des difficultés pour obtenir l’intervention du service compétent, n’hésitez pas à nous remonter l’information afin de signaler ces pratiques.

Par exemple, deux recours hiérarchiques ont été adressés en octobre à la mairie de Roubaix in fine avec passage d’un inspecteur. Un recours grâcieux a également été déposé à la mairie du Faubourg de Béthune avec passage d’un inspecteur.

Il ne faut donc pas hésitez à signaler les situations problématiques et à contacter le Maire compétent. La CNL peut vous soutenir ou relayer vos réclamations en cas de besoin.

 
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  • Mai, mar, 2022

L’habilitation familiale retouchée par la loi Justice

En place depuis le 26 février 2016, l’habilitation familiale est une mesure de protection juridique par laquelle le juge peut habiliter un ou plusieurs proches d’une personne qui n’est pas en mesure de pourvoir seule à ses intérêts, à la représenter, l’assister ou passer des actes en son nom. 

Elle permet donc aux proches d’une personne incapable de manifester sa volonté de la représenter dans tous les actes de sa vie ou certains seulement, selon son état.

L’habilitation familiale n’est ordonnée par le juge qu’en cas de nécessité. 

Néanmoins, l’habilitation familiale souffrait de quelques inconvénients. Des faiblesses auxquelles s’est attachée à remédier la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice et le décret du 22 juillet 2019. 

Ainsi, les cas de recours à l’habilitation familiale sont désormais alignés sur ceux des mesures de protection judiciaire, des passerelles entre ces différentes mesures ont été créées, et l’habilitation familiale a été élargie aux mesures d’assistance de la personne protégée.

L’habilitation familiale n’entre pas dans le cadre des mesures de protection judiciaire. Contrairement aux régimes de sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle, une fois la personne désignée pour recevoir l’habilitation familiale, le juge n’intervient plus.

La personne habilitée exerce sa mission à titre gratuit et pour effectuer cette demande, la personne doit obtenir un certificat médical circonstancié auprès d’un médecin choisi sur une liste établie par le procureur de la République.

  À savoir : certains tribunaux diffusent la liste des médecins habilités sur leur site.

La personne habilitée engage sa responsabilité à l’égard de la personne représentée, pour l’exercice de l’habilitation qui lui est conférée, selon les règles du mandat. Elle répond du dol et des fautes commises dans la gestion.


Sources :

L’habilitation familiale retouchée par la loi Justice (lemediasocial.fr), du 18/11/2019 

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33367

Loi du 23 mars 2019 (art. 9 et 29)

Décret du 22 juillet 2019

Circulaire du 25 mars 2019 (annexe 10)


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