congé pour reprise

Le congé de Léa pour reprise de son logement est-il valide ?

L’UROC vous informe

Des éléments postérieurs permettent de vérifier le caractère réel et sérieux du congé pour reprise 

À l’approche des Jeux olympiques, Léa, locataire, a reçu un congé pour reprise de son propriétaire. Elle doute du caractère réel et sérieux de la reprise du bien, n’ayant obtenu aucun justificatif. En cas de saisine du juge, le congé pour reprise serait-il valide ?

Selon l’article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, un propriétaire peut donner congé à son locataire pour reprendre ou vendre le logement. Le congé doit indiquer le motif de la reprise. Le propriétaire doit faire du logement sa résidence principale.

Le propriétaire doit ainsi préciser au locataire dans une lettre de congé (préavis) :
• Le motif du congé : reprendre le logement pour l’habiter ou pour y loger l’un de ses proches.
• Le nom et l’adresse du bénéficiaire de la reprise.
• Le cas échéant, son lien de parenté avec le bénéficiaire.
• Le caractère réel et sérieux de la reprise.

Pour que le congé soit valable, il faut que le locataire reçoive la lettre de congé au moins 6 mois avant la date d’échéance. Dans un arrêt du 12 octobre 2023, la Cour de cassation considère que le juge peut tenir compte d’éléments postérieurs à la délivrance dudit congé, dès lors qu’ils sont de nature à établir l’intention du bailleur de reprendre son logement pour l’habiter à titre de résidence principale.

Dans cette affaire, les juges ont par exemple retenu comme preuve du caractère réel et sérieux de la reprise :
• la production de factures postérieures à la libération des lieux par les locataires justifiant de la
réalisation d’importants travaux ;
• l’inscription sur les listes électorales de la commune ;
• des contrats de fourniture d’eau, de gaz et d’électricité ;
• un abonnement internet et à une téléalarme ainsi que l’information délivrée aux services fiscaux sur le lieu d’habitation.

Plus d’informations : Préavis et formalités du congé donné par le propriétaire (bailleur) | 

                          Service-Public.fr (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F929)

L’origine des viandes s’étend aux viandes transformées

L’UROC vous informe
L’information d’origine des viandes s’étend aux viandes
transformées

 

Restaurants, cantines, livraison de repas… 

Depuis le 7 mars 2024, les établissements de restauration doivent désormais afficher de façon
visible et lisible l’origine des viandes utilisées en tant qu’ingrédient dans des produits transformés, comme cela est déjà le cas pour les viandes fraîches.


Cela concerne par exemple les saucisses, les nuggets, les steaks hachés, les légumes ou préparations farcies à la viande…
Lorsque la naissance, l’élevage et l’abattage de l’animal dont sont issues les viandes ont eu lieu dans le même pays : « Origine : (nom du pays) »

Viande bovine. Lorsque la naissance, l’élevage et l’abattage ont eu lieu dans des pays différents :
« Né et élevé : (nom du pays de naissance et nom du ou des pays d’élevage)
et abattu : (nom du pays d’abattage) »


Viande de porc, de mouton et de volaille. Lorsque la naissance, l’élevage et l’abattage ont eu lieu dans des pays différents : « Elevé : (nom du ou des pays d’élevage)
et abattu : (nom du pays d’abattage)


Encadrer les frais bancaires sur succession

Proposition de loi visant à réduire et à encadrer les frais bancaires sur succession

La proposition vient encadrer les frais facturés par les banques pour clôturer les comptes de leurs clients décédés, couramment appelés « frais bancaires de succession ».

Le 29 février 2024, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, avec modifications, et à l’unanimité, la proposition de loi.

Les étapes précédentes
En cas de décès d’un client, les banques effectuent certains contrôles débouchant sur des opérations bancaires : gel des avoirs, échanges avec le notaire, désolidarisation éventuelle des comptes joints, transfert de l’argent aux héritiers… Il est d’usage pour les banques de facturer ces frais de traitement de la succession couramment appelés frais bancaires de succession.

Actuellement, ces frais ne font pas réglementés. Librement déterminés par les banques, ils sont très variables selon les établissements, y compris au sein d’un même groupe bancaire, et vont du simple au sextuple. Ainsi d’après une étude de février 2024 de l’association de consommateurs UFC – Que Choisir, les frais bancaires acquittés en moyenne par les héritiers pour une succession de 20 000 euros s’échelonnent entre 80 et 527,50 euros, soit un rapport de 1 à 6,5 pour une succession. Les frais facturés en France sont deux fois
supérieurs à ceux pratiqués en Belgique et en Italie (107 et 112 euros) et même trois fois plus élevés qu’en Espagne (80 euros), selon cette même étude.

En outre, si certaines banques proposent la gratuité des frais de succession dès lors que le solde du compte de défunt n’excède pas un certain montant, ce montant n’est pas uniforme. Il varie entre 200 euros et 25 000 euros selon les établissements. Certaines banques réclament aussi des frais pour la clôture des comptes des enfants décédés.

 

L‘essentiel de la proposition de loi

La proposition de loi vise à mettre fin à l’opacité et la grande disparité des frais bancaires de succession qui, pour son auteure, « sont déconnectés des coûts réellement supportés par les banques ». Elle a été amendée par les députés après échanges avec le gouvernement.

Elle prévoit la gratuité des opérations bancaires liées à la succession :

  • lorsque le solde ou les soldes des comptes du défunt sont inférieurs à 5 000 euros. Seront notamment concernés les comptes de dépôt, de paiement et sur livret, le livret A, le livret d’épargne populaire, le plan d’épargne populaire, l’épargne logement ;
  • lorsque les comptes étaient détenus par des enfants mineurs, sans condition de montant ;
  • lorsque le ou les héritiers produisent un acte de notoriété ou une attestation signée pour l’ensemble des héritiers à la banque lors de la clôture des comptes de dépôt et sur livret du défunt, peu importe leurs soldes.

Ainsi, les banques ne pourront à l’avenir facturer des frais de succession que pour les comptes dont le ou les soldes vont au-delà de 5 000 euros et qui nécessitent des opérations bancaires
complexes. Ces frais seront, de plus, plafonnés. Un décret d’application est prévu.


Le gouvernement devra remettre au Parlement, dans l’année suivant la publication de ce décret, un rapport afin d’évaluer l’impact de la loi.