• Juil, mar, 2023

Le locataire rendant les locaux en mauvais état risque plus qu’une remise en état

Un propriétaire avait dû relouer ses locaux à des conditions avantageuses pour compenser le mauvais état des lieux.

Le locataire qui rend les locaux en mauvais état s’expose à payer plus que la simple remise en état, a jugé la Cour de cassation. Un propriétaire qui avait dû relouer en accordant au nouveau locataire des conditions avantageuses pour compenser le mauvais état des lieux et le coût de leur remise en état a justifié ainsi d’un second préjudice, selon la Cour.

L’indemnité due par l’ancien locataire au titre de la remise en état des lieux qu’il n’a pas entretenus ou qu’il a dégradés, en ne respectant pas ses obligations, ne répare pas le manque à gagner du propriétaire qui a dû relouer à des conditions défavorables, au moins durant quelques mois, ont estimé les magistrats. Toute réparation de préjudice doit se faire sans perte ni profit, ont-ils rappelé.

Quant à la réparation des locaux, ils ont en revanche jugé que la vétusté antérieure devait être déduite des sommes dues par l’ancien locataire. Si les locaux lui ont été loués en état d’usage, son obligation d’entretien ne lui imposait pas de les remettre à neuf, à moins qu’une clause spéciale du bail ne l’ait prévu.

Sans cette clause, le locataire ne doit pas les réparations résultant de la vétusté et c’est le juge qui apprécie souverainement la proportion due à la vétusté lorsque ce locataire rend des locaux dégradés, a ajouté la Cour de cassation.

Cette décision a été prononcée dans un litige opposant des commerçants, qui n’étaient tenus que d’appliquer les règles générales du code civil en matière de location. Mais pour la location de locaux d’habitation, soumis de plus aux règles de la loi de 1989, cette loi prévoit également que le locataire est obligé, sauf cas particuliers liés à la force majeure ou à la faute d’un autre, « de répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat (…) ».

(Cass. Com, 8.3.2023, F 20-20.141).

Source: 

– BFM, D.L. avec AFP, 16/04/2023, « Le locataire qui rend les locaux en mauvais état risque plus qu’une simple remise en état »

  • Juil, mar, 2023

Peut-on faire une demande de logement social avant d’entamer une procédure de divorce ?

Pouvez-vous demander un logement social à titre individuel si vous êtes séparé de votre conjoint mais pas officiellement divorcé ?

La séparation d’un couple non divorcé est-elle reconnue pour demander un logement social ? C’est la question posée par une députée au ministre chargé de la Ville et du Logement. Elle souhaitait connaître les dispositions pouvant être mises en place auprès des bailleurs sociaux afin d’aider des personnes séparées à pouvoir accéder à une demande de logement.

Dans sa réponse publiée le 28 février 2023, le ministère chargé de la Ville et du Logement précise que la situation d’instance de divorce du demandeur de logement social doit être attestée par, soit :

• une copie de l’acte de saisine du juge aux affaires familiales ;

• un justificatif d’un avocat attestant que la procédure de divorce par consentement mutuel extrajudiciaire est en cours.

En effet, l’article L. 441-1 du code de la construction et de l’habitation prévoit qu’une procédure de divorce doit être en cours pour que le demandeur puisse prétendre à un logement social en son nom propre, et donc seul.

Lorsqu’un demandeur peut présenter un document attestant d’une procédure de divorce engagée, les bailleurs sociaux ne peuvent pas invoquer le fait que le divorce ne soit pas encore prononcé, si la procédure est en cours, pour refuser l’attribution d’un logement social.

Les personnes mariées qui refusent de divorcer pour des raisons personnelles, mais qui souhaitent vivre séparément, ne peuvent pas faire une demande de logement social séparé. Cette mesure vise à éviter certains cas de fraude.


Source:
– UROC
  • Juil, ven, 2023

« La Garenne-Colombes: une sexagénaire menacée d’expulsion s’immole par le feu devant la mairie »

« Devant les yeux d’une douzaine de personnes, une femme s’est immolée par le feu en face de l’hôtel de ville de La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine,  selon les informations du journal Le Parisien, confirmées par BFM Paris Île-de-France.

La victime était sous le coup d’une ordonnance d’expulsion locative.

Après plusieurs minutes à asperger la victime d’eau et avoir « immédiatement réclamé des extincteurs », cette dernière a donc été emmenée à l’hôpital, sous les yeux des témoins.

La victime aurait reçu, selon Le Parisien, citant une source proche du dossier, une ordonnance d’expulsion locative « seulement quelques jours » avant le drame, rapporte Philippe Juvin.

Après son geste, les policiers se sont rendus au domicile de la sexagénaire, où ils ont constaté un logement mal entretenu et des tas de détritus, laissant imaginer qu’elle souffrirait du syndrome de Diogène, qui se caractérise en général par l’accumulation d’objets inutiles ou hors d’usage ».

Nous déplorons l’absence de services publics permettant d’accompagner les personnes en lieu et place de les pousser à de tels actes, nous dénonçons toutes les expulsions et toutes nos pensées vont à cette victime et ses proches.


Source:

– BFMTV, 03/06/2023, Jean-Baptiste Graziani avec A. La.,  « LA GARENNE-COLOMBES: UNE SEXAGÉNAIRE MENACÉE D’EXPULSION S’IMMOLE PAR LE FEU DEVANT LA MAIRIE »

  • Juil, ven, 2023

« Airbnb, c’est une bombe à retardement pour les communes », les maires réagissent

« Des maires de tous bords politiques réclament l’encadrement de la location touristique de courte durée. Parmi eux celui de Sauve dans le Gard. Ils dénoncent un phénomène boosté par des plateformes numériques telles que Airbnb, Booking ou Abritel, qui accentue la crise du logement, alors que plus de 4 millions de personnes sont non ou mal logées.


« Aujourd’hui à Sauve, 90 % des logements vacants sont réhabilités pour devenir des résidences secondaires  et des logements secondaires » explique Olivier Gaillard, Maire (DVG) de Sauve.


Des logements utilisés uniquement quelques semaines par an via des locations sur les plateformes numériques comme Airbnb, Booking ou Abritel.


> Un frein à l’emploi

Si les commerçants profitent de la présence estivale des touristes, le phénomène est aussi un frein à l’installation de nouveaux habitants comme à l’embauche de salariés. 

> Modifier le régime fiscal

Pour éviter de vider le centre ancien de ses habitants, le maire de la commune appelle les parlementaires à modifier le régime fiscal très favorable dont bénéficient aujourd’hui les hébergements meublés accessibles sur les plateformes. Une façon de restaurer l’attractivité de la location longue durée.

> Freinée par les JO

Une proposition de loi sur ces questions devrait être examinée à l’automne. Mais son application pourrait être repoussée, à un an des Jeux Olympiques de Paris 2024 et des énormes besoins de locations saisonnières qui les accompagnent » , au grand dam des locataires notamment étudiants.


Source:

– france3régions, 06/06/2023, Josette Sanna avec Jérôme Curato, « « Airbnb, c’est une bombe à retardement pour les communes », face à la crise du logement, des maires réclament l’encadrement des locations saisonnières »