La CNL dit halte à la démagogie et au mépris social !

COMMUNIQUE DE PRESSE

Montreuil le 17 novembre

À peine nommé ministre du Logement, Vincent Jeanbrun ressort la feuille de route de la droite la plus réactionnaire, proposant un compromis entre Christine Boutin, Margaret Thatcher et le désormais célèbre Guillaume Kasbarian.
Interviewé le 16 novembre dans le JDD, il reprend à son compte une proposition chère à la droite : mettre fin au logement social « à vie ».


La ficelle est grossière. Favoriser le turn-over en HLM détourne du vrai problème : le désengagement de l’État dans le logement social.


Le vrai problème n’est pas la « faible rotation » du parc social (moins de 8 % en 2023), mais l’absence totale de solutions pour les 2,87 millions de familles en attente d’un HLM pour être protégées face à un marché saturé et des loyers explosifs.


Le marché privé ne résout pas la crise du logement : il accentue les inégalités


« J’aspire à une France des propriétaires », affirme Vincent Jeanbrun, paraphrasant Valéry Giscard d’Estaing, qui exaltait jadis le modèle pavillonnaire. Le gouvernement Lecornu suit la même ligne : alors que les APL pour les étudiants étrangers sont supprimées, le PLF multiplie les cadeaux au privé : prolongation des exonérations de plus-value et de taxe foncière sur les terrains à bâtir, allègement des droits de donation jusqu’à 100 000 € en cas de réinvestissement immobilier.


Le statut du bailleur privé, avantage fiscal pour le locatif, est adopté en « contrepartie » de la réduction de la RSL à 600 millions d’euros en 2026. Une victoire pour les bailleurs… mais amère : en dix ans, 11 milliards d’euros ont déjà été accordés aux propriétaires privés soit presque l’équivalent de la RSL ou de 70 000 logements sociaux.


Quant à la loi Kasbarian-Bergé (2023), jugée utile mais insuffisante par le ministre, il propose d’en durcir encore l’application afin d’accélérer les expulsions, alors que 25 000 ménages ont déjà été mis dehors en 2024.
Le marché privé ne résout pas la crise du logement : il accentue les inégalités sociales.


Nous n’avons pas besoin d’un ministre porte-parole de la FNAIM


La doctrine du « moins d’État, plus de marché, plus de répression » n’a qu’un effet : exclure une partie croissante de la population. L’obsession du marché ne peut conduire à la rupture avec notre pacte social et au mépris des droits de l’homme.
Nous n’avons pas besoin d’un ministre porte-parole de la FNAIM, mais d’un ministre garant de l’intérêt général !


Face à la crise du logement, la CNL exige un vrai plan d’urgence et un budget 2026 à la hauteur :


• Gel immédiat des loyers et moratoire sur les charges
• Suppression de la RSL et construction massive de logements sociaux
• Encadrement généralisé des loyers et renforcement du permis de louer
• Création d’une Sécurité sociale du logement avec une caisse nationale de protection locative


La CNL continuera de défendre les locataires et de porter des solutions ambitieuses pour faire du logement un droit, pas un marché.

Kasbarian veut faire payer la crise aux locataires des HLM

COMMUNIQUE DE PRESSE

Montreuil le 23 octobre 2025

L’amendement n° I-CF1801, déposé par le député Guillaume Kasbarian dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, marque une nouvelle attaque frontale contre le logement social. Sous couvert de « rééquilibrage fiscal », le texte propose de supprimer l’exonération totale de taxe foncière sur les propriétés bâties dont bénéficient les logements sociaux pour la remplacer par une simple réduction de 50 %. 

 

Concrètement, cela revient à alourdir la fiscalité du logement social de plusieurs centaines de millions d’euros, alors même que les bailleurs publics affrontent une crise sans précédent : explosion des coûts de construction, baisse des aides de l’État, hausse des charges énergétiques et effondrement du pouvoir d’achat des locataires. 

 

Cette mesure, présentée comme un « soutien aux collectivités », est en réalité un coup de massue sur la production et la rénovation du logement social. En privant les organismes HLM d’une part essentielle de leurs ressources, le gouvernement prend le risque d’aggraver encore la pénurie de logements accessibles et de fragiliser durablement le modèle social français. 

 

Pire encore, l’amendement ouvre la porte à une hausse des loyers lors des relocations, autorisant les bailleurs à dépasser les plafonds initialement fixés. C’est une double peine pour les locataires : moins de logements disponibles, et des loyers plus chers. Jusqu’où l’ancien ministre compte-t-il aller dans la démagogie et dans la surenchère anti-pauvres? 

 

La CNL dénonce une logique nauséabonde qui consiste à faire payer la crise du logement à celles et ceux qui la subissent déjà. Alors que 4 millions de personnes sont mal logées, que 2,8 millions de ménages attendent un logement social, le gouvernement et sa majorité choisissent d’affaiblir les outils publics de solidarité au lieu de les renforcer. 

 

La Confédération Nationale du Logement appelle les parlementaires à rejeter cet amendement inique et à engager un véritable plan de relance du logement social :

  • Maintien intégral des exonérations fiscales pour le logement social ;
  • Plan massif de construction de 250 000 logements sociaux par an pendant cinq ans
  • Suppression de la RLS et rétablissement des aides à la pierre
  • Respect et renforcement de la loi SRU.
  • Gel et encadrement des loyers 

 

Construction d’une sécurité sociale du logement avec la création d’une caisse nationale de protection locative pour lutter contre les impayés. 

 

La CNL le réaffirme : le logement n’est pas une marchandise, c’est un droit. En s’attaquant une fois de plus au financement du logement social, Kasbarian se fait premier de cordée des fossoyeurs d’une République sociale et solidaire. 

 

Arrêtons le ! 

Impayés de loyers et de charges

COMMUNIQUE DE PRESSE

06/05/2025

Augmentation des impayés de loyers et de charges : la CNL alerte et propose des solutions !


La Confédération Nationale du Logement a participé, hier, à la réunion organisée par la ministre du Logement Valérie Létard, consacrée à l’Observatoire national des impayés de loyers et de charges. Les chiffres présentés confirment ce que les fédérations
départementales constatent chaque jour sur le terrain : les impayés explosent et plongent des milliers de ménages dans l’angoisse du surendettement et du risque d’expulsion. En effet, le Ministère chargé du Logement annonçait hier qu’en 2024 24 556 expulsions locatives forcées ont eu lieu, soit 29% de plus qu’en 2023.

Quand il n’y a pas de procédure d’expulsion en cours, les dettes locatives s’accumulent et pour certaines ne pourront jamais être remboursées, du fait du degrés de précarité des personnes qui les contractent. 

Cette aggravation des impayés n’est pas une surprise. Elle est le fruit de loyers trop élevés, de charges non maîtrisées, d’absence d’anticipation de certains bailleurs et de revenus insuffisants dans un contexte d’inflation persistante. Les mesures d’urgence restent insuffisantes et trop ponctuelles. Face à cette crise sociale du logement, la CNL réaffirme sa proposition phare : la création d’une véritable Sécurité sociale du logement.
À l’image de la Sécurité sociale pour la santé, il est temps de garantir à toutes et tous un droit effectif au logement, avec une prise en charge collective des risques d’impayés et un fonds national de solidarité alimenté par la solidarité fiscale, entre autres.

La CNL appelle le gouvernement à ne pas se contenter d’observer l’explosion des impayés, mais à agir avec courage politique. Il est temps de sortir des logiques d’urgence et de passer à une réforme structurelle, juste et ambitieuse. Pour garantir à chacun un logement digne, sécurisé et accessible, une seule voie s’impose : la Sécurité sociale du logement.


De plus, les revendications de la CNL sont plus que jamais d’actualité :

  • La relance d’un plan massif de construction de logements sociaux et d’importants investissements pour la rénovation énergétique du parc existant.
  • L’arrêt pur et simple des expulsions.
  • Le gel général des loyers et la mise en place d’un moratoire sur les charges locatives.
  • La concertation réelle des habitant.es lors des démolitions HLM.
  • La réquisition des logements vacants, pour couvrir les besoins d’une politique urgente d’éradication du sans-abrisme.
  • L’arrêt des coupes budgétaires sur les APL.
  • Une vraie politique de mixité sociale dans les quartiers.


Le logement est un droit, pas un privilège !


Montreuil, le 6 mai 2025

Rien pour le social, tout pour le privé !

COMMUNIQUE DE PRESSE

14/01/2025

Déclaration de politique générale.
Rien pour le social, tout pour le privé !

Cette après-midi à l’Assemblée nationale, dans la lignée du précédent Premier Ministre, Michel Barnier, François Bayrou persiste à ignorer les attentes sociales et continue dans la financiarisation du pays.


« La lutte contre l’endettement » doit rester la priorité de la politique gouvernementale, a expliqué le chef du gouvernement. 

 

Avec un objectif de déficit de 5,4 %, il entend procéder à une nouvelle réduction de la dépense publique.
Pour quelle politique du logement repensée et de grande ampleur ?

En matière de logement : rien sur le logement social, rien sur le gel et l’encadrement des loyers, rien sur le permis de louer, rien sur la rénovation énergétique…

Le Premier ministre parle d’aller plus loin encore « en réduisant les délais, en allégeant les demandes d’autorisation, en favorisant la densification et en facilitant les changements d’usage » ainsi qu’« en relançant l’investissement locatif et l’accession à la propriété. » La prime va donc à la rente foncière et l’investissement locatif privé.

La CNL appelle à la mobilisation : ne pas céder au mépris !
La CNL aurait souhaité que le nouveau Premier Ministre entende la colère et la détresse populaire et s’attaque à la crise de régime dans laquelle nous sommes entrés. Le cap est mis sur la poursuite de l’austérité et des politiques anti-pauvres.
Au lieu de cela, ensemble exigeons et gagnons que le logement social redevienne une politique régalienne de l’État au même titre que l’emploi, la santé ou l’école.
La Confédération Nationale du Logement (CNL) exhorte les habitant·e·s à ne pas baisser les bras. Il est temps de se rassembler et de faire entendre nos voix plus fort encore pour exiger des politiques publiques à la hauteur des enjeux sociaux et économiques.


Montreuil le 14 janvier