Face à des charges « démentielles », des locataires LMH démunis et en colère
« On va crever là-dedans en fait ! » les locataires du bailleur social LMH n’en peuvent plus. Venus des différents quartiers lillois – des résidences des rues Flora-Tristan et André-Gide à Lille Sud, de celles de la rue d’Arcole et de la rue Magenta à Wazemmes, ils étaient une quarantaine, ce mardi matin, à se réunir devant la mairie de Lille pour dénoncer les régularisations de charges « démentielles », « exorbitantes », « hallucinantes » qu’ils viennent de recevoir.
« Non mais sérieusement ! on nous demande de payer pour du chauffage qu’on n’a pas eu cet hiver, pour de l’eau qui a été coupée à plusieurs reprises. On paye des charges pour des ascenseurs qui ne fonctionnent pas… On parle quand même de sommes parfois supérieures à des salaires, des 900€, 1200€, 1800€, pour certains plus de 2 000€… c’est scandaleux », s’insurgent Chadia et Belayachi pour elles, pour leurs voisins et pour tous les locataires présents, c’est trop.
Leila tend une facture de 836, 04€: « je fais toujours très attention et, chaque année, on me rembourse parce que je verse trop. Pourquoi cette année il y a autant de différence ? je voudrais bien comprendre. Mais ça, personne ne le dit. » « Oui, c’est sans explications et c’est terrible ! » ? acquiesce Christophe. Une jeune femme, qui habite à Flora-Tristan doit quant à elle régler 1 000€, l’équivalent de plus de trois mois de loyers. « Je vis seule avec ma fille, à croire que j’ai remplie une piscine dans l’appartement et que j’ai chauffé comme sous les tropiques » ironise-t-elle. Et de rappeler l’épisode de la coupure d’eau et de chauffage début avril. « J’ai dû acheter vingt packs d’eau ce week-end-là, renchérit un voisin. Et j’ai d’ailleurs dû les monter par les escaliers puisque l’ascenseur ne montait pas jusqu’au 15E étage !
Tous demandent des comptes à LMH. « Qu’on nous donne le détail de nos consommations individuelles ! c’est aberrant », pense Virginie, habitante de Wazemmes. Les locataires vont constituer un dossier résidence par résidence, qu’ils vont transmettre à la mairie. « On est Lillois, on a besoin d’aide ! » ils ont également rendez-vous le 6 juillet avec un Huissier de justice. D’une même voix, ils l’assurent : « Hors de question qu’on se laisse faire ! »
Source:
– La voix du Nord, 14/06/2023